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Le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP)
emboîte le pas à l’intersyndicale autonome de la Fonction publique en
initiant une grève de trois jours qui est entrée en jeu le Samedi 20 Février
2008. Les 92 000
paramédicaux que compte le pays, soit 50% des effectifs de la santé,
revendiquent l’amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles et des
salaires décents.
Le front social est en effervescence.
Depuis le début de l’année 2008, la contestation est montée d’un cran. Le
malaise est profond et touche l’ensemble des secteurs moteurs de la société.
Aujourd’hui, le corps des paramédicaux emboîte le pas à l’intersyndicale
autonome de la Fonction publique. Une organisation regroupant huit syndicats
autonomes et qui a su focaliser l’attention sur elle à travers un débrayage
de trois jours observé la semaine du 9 au 15 Février . Auparavant, la coordination
nationale des syndicats autonomes de la Fonction publique, formée de douze
syndicats autonomes, a pu, via une action de protestation, paralyser,
l’espace d’un jour, les secteurs de l’éducation, de l’enseignement
supérieur, de l’administration publique, de la santé...

Le
17 Fevrier 2008 à 9h52 - Cliquez sur la photo pour l'agrandir.
Photo by Challey-ADMIN
Cette même coordination envisage, à partir du 24 février, de reconduire la
protesta et de frapper fort pendant trois jours pour éventuellement se faire
entendre en haut lieu. Entre ces deux mouvements antérieur et postérieur
vient se greffer la grève des paramédicaux.Tous, ils revendiquent un salaire
décent, leur permettant de faire leurs adieux à la précarité et un statut
digne de leur profession. Les paramédicaux, ce corps délaissé, vivent un
problème profond. Ils sont 92 000 à l’échelle nationale, soit 50% des
effectifs de la santé qui souffrent d’abord d’un problème de reconnaissance.

Leur salaire est très dérisoire, le débutant touche à peine 10 000 DA et
ceux ayant une expérience de 20 ans arrivent à 22 000 DA. Ils avouent être
victimes d’une politique qui les a relégués au second plan. Le Syndicat
algérien des paramédicaux (SAP), initiateur du mouvement de débrayage de
trois jours, tire la sonnette d’alarme. Agréé en 2004, ce syndicat tente par
tous les voies et moyens de défendre son créneau. De l’avis de M. Ghachi,
président du PAS, il est quasiment impossible à un paramédical de prendre en
charge vingt malades alors que la norme internationale stipule que pour
trois malades il faut un infirmier. « En Algérie, l’infirmier est livré à
lui-même. On lui demande de prendre en charge 20 malades et on lui donne un
salaire d’un peu plus de 10 000 DA. Ces 20 malades ont besoin de soins,
parfois intensifs. Sur le plan psychologique, cela se répercute négativement
sur le moral de ces infirmiers qui inévitablement ne peuvent être à la
hauteur de leur mission », a soutenu M. Ghachi qui estime qu’il existe un
déficit énorme en la matière. « Le recrutement de paramédicaux s’impose,
mais l’amélioration des conditions socioprofessionnelles de ces infirmiers
est plus que nécessaire. Les pouvoirs publics doivent être à leur écoute
s’ils veulent la qualité des soins et s’ils veulent mettre fin aux plaintes
des citoyens qui sont toutes légitimes », a indiqué notre interlocuteur qui
justifie les critiques des citoyens à l’égards des paramédicaux par toutes
ces insuffisances et par la dévalorisation de la profession. A travers ce
débrayage de trois jours, le SAP voudrait amener les pouvoirs publics à la
révision de leur stratégie envers la corporation qui rejette dans le fond et
dans la forme le statut provisoire dont ils ont été destinataires. « Le
ministre du Travail a clairement déclaré qu’il n’y aura aucune augmentation
avant la finalisation des statuts particuliers. Nous voulons l’application
de cette devise sur le terrain, mais nous nous interrogeons sur l’arrière
politique d’une telle démarche. Pourquoi un statut provisoire pour les
paramédicaux ? Pourquoi cette célérité dans son application ? », s’est
interrogé M. Ghachi qui dénonce le recours à cette pratique et menace
d’aller vers une grève illimitée si le statut en question est maintenu. Le
syndicat revendique, en outre, la mise en place du système LMD pour leur
permettre d’évoluer dans leur carrière et gravir des échelons. « Nous
voulons un statut qui nous renforce et non qui nous dévalorise et un salaire
décent nous permettant de subvenir à nos besoins les plus élémentaires », a
souligné notre interlocuteur. Par ailleurs, le Syndicat national des
praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP) apporte son soutien au
SAP tout en étant convaincu de la légitimité des revendications du SAP et de
l’ensemble des professionnels de la santé ainsi que celles de tous les
syndicats autonomes et interpelle, à cet effet, les pouvoirs publics pour un
dialogue franc et sincère avec les véritables représentants des
travailleurs.
Nabila Amir |